Mar 10 Avr 2012 08:17 par Delphes
Quelques nouvelles de mes plantations. Ça fait 15 jours que j’ai semé les tomates, et celles qui ont germé n’ont pas encore sorti leur vraies feuilles. Chaque année est différente. Le plus drôle c’est qu’elles sont aussi développées que celle qui germent spontanément dans le jardin, au froid dans la terre compacte. Si j’avais su, je les aurais semées une semaine plus tôt parce que je crains que les plants ne seront pas prêts dans un mois.
Ça fait trois ans que je distribue mon surplus de plants aux copains-copines, puis que je donne le reliquat à mon voisin. Mais l’an passé, j’en ai eu assez de remplir la voiture de pots pour aller les livrer dans tout le canton. Une fois sur deux je trouvais porte close, donc je laissais les plants sur le pas de la porte, ce qui n’est pas très satisfaisant. Et mes godets je ne les revoyais jamais. Je suis allée l’an passé à une bourse d’échange de plants à coté de Lons, j’ai trouvé ça vraiment chouette. Donc cette année, j’ai décidé que ceux qui voudront des plants se déplaceront, et qu’on en profitera pour faire la fête. J’aime bien ça organiser des grandes réunions de potes, surtout quand je n’ai pas besoin de faire le repas. Je suis fan du principe de l’auberge espagnole… Si tout le monde joue le jeu, mais ça c’est une autre question. Enfin pas vraiment. Que je vous raconte :
J’ai mis ma puce à contribution pour qu’elle me dessine une belle carte d’invitation, j’ai écrit un texte rigolo pour inviter une quarantaine de personnes. Et je distribue ces cartes aux invités depuis une quinzaine de jours quand je les rencontre dans la rue, à la sortie de l’école etc… Je n’invite pas que des amis, j’invite aussi des commerçants ou des parents d’élèves avec qui j’ai eu un bon contact. La bourse d’échange commencera à 10h00 pour que chacun puisse aller et venir sans se sentir obligé de rester manger. Depuis un an, je mets de côté toutes les faisselles que mange la puce, à raison de une par jour, j’ai un tas de petits pots pour mettre les plants qui seront distribués.
Tout le monde a été content de recevoir cette invitation, mais un truc que je trouve étonnant pour ne pas dire choquant c’est que la réponse la plus courante que j’ai eu en leur donnant, a été « Et si on n’a rien à échanger on peut venir quand même ? ». Ce à quoi j’ai invariablement répondu « mais on a toujours quelque chose à échanger ».
Ce qui me dérange dans cette question, c’est qu’elle sous- entend plusieurs cas de figure. Soit la personne n’est pas habituée à faire du jardin, et craint d’arriver avec des choses sans intérêt, mais en réfléchissant un peu elle se rendra compte qu’elle a plein de possibilité d’échange, et à ce moment-là, la question posée n’est qu’une question posée à soi-même, et à voix haute. Soit la personne n’a aucune intention de jouer le jeu, et elle veut juste s’assurer qu’elle ne va pas se faire jeter si elle arrive les mains vides, et à ce moment-là, je frémis d’horreur de voir comme le monde est en train de tourner. Je connais hélas quelques personnes qui sont comme ça. Le plus curieux, c’est que ce sont bien souvent des donneurs de leçons qui prétendent savoir comment on doit se comporter pour faire société. Ils militent pour « le renforcement du lien social par l’échange et le partage »(Sic). C’est peut-être la raison pour laquelle ces dernières années j’ai organisé moins de « fêtes espagnoles », parce qu’à chaque fête il y avait de moins en moins à manger et pire… à boire. Mais bon ce sont encore des copains, alors… J’ai bon espoir que cette fois ci les choses se passent de façon optimale. Oui je sais, je suis un incorrigible bisounours.
Comme les plants ont plutôt mal levé et que je n’aurai qu’environ 140 plants à distribuer, j’ai fait une autre barquette avec des tomates que j’aime bien ou qu’on me réclame, et dont j’avais beaucoup de graines.
Celle que tout le monde demande vous l’aurez deviné c’est l’OSU. Je pense que ce sera la dernière année qu’on me la demandera parce que tout le monde en aura. Du coup n’étant plus rare je suppose que les gens en voudront moins.
Une autre que j’affectionne particulièrement parce qu’elle est assez précoce, productive sur une longue durée et absolument exquise, c’est la cœur d’Albenga.
J’ai donc une bleue, une rouge, ne manque plus… qu’une blanche ! J’ai choisi la Pas’rbuznii, qui est l’Arbuznii que j’ai plantée l’an passé et qui m’a donné des fruits blancs, mais tellement bons que j’ai gardé les graines et que je l’ai baptisée Pas’rbuznii en attendant de savoir ce que c’est.
Voilà l’idée, la bourse d’échange a lieu le 6 mai, jour du deuxième tour des élections, il est donc normal de distribuer des tomates bleues blanches et rouge ! et ces tomates là j’en donnerai une de chaque sans les séparer, parce que la république est une et indivisible.
On n’imagine pas jusqu’où mène le jardinage parfois…
La Pythie vient en mangeant.