Le jour tombant, je me promène dans le jardin.

Parmi les herbes et les fleurs, je trace ma sente, le coeur serré : demain, je passe la tondeuse. Pauvre prairie ! Et vous les fleurs ! Je repère les endroits que je ne toucherai pas.
Je me console en me disant que j'ai besoin de paillage et de compost.
Et puis, surtout, le serpolet arrive à fleurs ! J'ai tellement attendu ce moment ! La prairie rase, violette, le ballet incessant des insectes, et ce parfum enivrant du serpolet, foulé au pied !
Est-il bien nécessaire de courir les jardineries quand la nature nous offre ceci :







Il est des choix qui rendent un jardinier mélancolique...
Voilà des fleurs que certains ne remarqueraient même pas, et pourtant ! Elles ont toujours été là, participant au subtil équilibre de la prairie que j'ai si peur de rompre.
Je me réfugie dessous le cerisier aux branches basses qui se marient avec les tiges des topinambours, dans mon nid de verdure.
Je grignote quelques cerises, caché, un peu perdu, triste : demain, je vais tondre,....
