Amis vagabonds, aidez moi à passer la porte de ce monde irréel, irrationnel, où la demi mesure n'existe pas, où seul le plaisir et le partage compte. Mais attention, plus nous nous immergeons dans ce monde rêvé, plus le chemin du retour est compliqué et le retour à la réalité difficile.
Le thème de cette matinée, c'est les noeuds, vous l'aurez compris, j'attache enfin mes pieds de tomates. Tout vient à point qui sait attendre. Et là horreur, malheur, une vision d'apocalypse se présente devant moi. Impossible d'attacher un pied de tomate sans faire un génocide, cette tomate est pleine de pucerons, d'un vert fluo à rendre jaloux tous les adeptes des années 80. Non, que faire, je me retourne pour constater les dégâts et là ma vision se trouble, je tombe dans un véritable cauchemar, tous les pieds qui restent en sont infectés. Et voila qu'après les ravage de la météo, je vais devoir faire face aux infectes colonisateurs. Ce n'est pas possible je suis dans un rêve et je vais me réveiller. Et là oui, dans dans un sursaut comme pour défier la mort, mes yeux s'ouvrent, je suis allongé dans mon potager et la lumière du jour m'éblouit. J'étais en plein sommeil à l'extérieur, j'ai vraiment besoin d'une cure de tomates moi. Je me retourne, et je fais le constat que les pucerons sont toujours à leur place et ils me narguent les salops. J'ai fait un black out à cause d'une réflexion trop intense et inattendue. Je reprends mes esprits et m'assois pour lister les solutions.
J'en ai plusieurs qui s'offrent à moi, certaines sont de suite mise à l'écart. Les traitements chimiques ne passeront pas même si le portail est encore imaginaire. Alors soit, je tente un traitement light à base de savon noir et de bicarbonate, un petit traitement qui va bien tout de même ; soit je plante des capucines en espérant que leurs pouvoir attractif soit plus fort que la mise en place sur mes pieds de tomates ; la dernière solution et pas des moindre serait de prier les dieux de la tomates de me venir en aide et d'expulser les pucerons vers d'autre horizon. Pour le moment, le temps me manque, la dernière solution va être envisagée (quand je vous dit que c'est le monde de l'irrationnel), mais quel en sera le prix à payer, suis-je prêt à faire un tel sacrifice. Je ne pense pas, une autre bataille vas avoir lieu, et celle là je ne sais pas encore comment la gagner car elle est bien réelle.
Trêve de blabla, j'ai une petite surprise pour vous, car ici derrière un plant, un caillou, une motte de terre, une esquisse de paillage, se cache toujours quelques choses. Cette fois c'est la grande surprise, je vous présente ce qui pousse entre deux rangées de tomates et quelle surprise pour moi de la voir en fleur ce matin :

Mais c'est plutôt sa grande soeur qui est surprenante, c'est maintenant aussi une jeune fille en fleur, qui arbore fièrement sa plastique avantageuse. Regardez, plutôt les futurs fruits se dressant vers le ciel tels des signes phalliques ostentatoires. Oui j'ai semé la graine de la débauche dans mon potager pour le plus grand plaisir de tout le monde.

Bientôt, nous allons pouvoir manger les fruits de cet amour que la morale chrétienne refuse, j'ai été perverti par les démons qui règnent ici bas. Oui l'Autre (comme j'aime le nommer), je me suis délecté de cette union charnelle avec la terre et ce sans prendre le temps de se connaitre complètement. J'avoue ici même que face à la nature, et surtout face à la terre si tentatrice, je me retrouve comme Oscar Wilde: "Je peux résister à tout sauf à la tentation". C'est alors que dans cette relation intime, silencieuse, la connaissance de l'autre se fait par l'expérience. Oui ma bien aimée, j'attends patiemment l'automne pour te donner ce que tu désires le plus. Tu vas pouvoir dans quelques mois jouir enfin de la vie que nous allons recréer en toi. Mais pour le monde patiente et donne moi, dans cette relation sadomasochiste à sens unique, les différents fruits de notre union.
Merci pour votre aide, la porte est franchie facilement mais je ne sais comment revenir. J'ai pourtant tout ce qu'il faut, frontale, plant, fils d'Ariane. Mais rien n'y fait, je nage dans le bonheur parfait.