Estimant que mes collègues tomodoriens sont trop obtus à ton égard et devant ta volonté inébranlable, je vais te révéler ci après la formule secrète élaborée par les premiers jardiniers incas ramenés de force en Europe par les espagnols.
Grâce à celle-ci, les rendements des tomates sous conditions européennes atteignirent des rendements quasi-péruviens au grand étonnement des jardiniers de la cours royale qui n'avaient pas jusqu'alors l'habitude de voir des fruits si gros d'une telle qualité. Cette formule est restée confidentielle des siècles durant. Toutefois, les stigmates de l'étonnement, et il faut le dire de la jalousie, des jardiniers prophanes, ont imprégné la culture populaire à travers l'expression "c'est le Pérou" qui trouve là son origine.
Je pense ainsi honorer la mémoire de mon lointain aïeul Cristobal Xlolo, qui fut anobli pour avoir découvert ce secret. Pour les amateurs d'histoire, il est plus connu sous le nom de Don Ch'lolo de la Graina.
La précieuse formule en question :
(1/(nombre de feuilles / nombre de tiges)) * (nombre de fleurs/nombre de bouquets floraux) * ( nombre de plants au mètre carré /1,6180339887)
J'ai appris très récemment que des industriels avaient recruté des brassées d'historiens pour tenter de redécouvrir ce secret et en avoir ainsi l'exclusivité.
Plutôt que de la voir en possession de quelque industriel sans foi ni loi je préfère donc la rendre publique aujourd'hui.
Dernière précision, mon ancêtre étant un peu ballot il s'est fait couillonner en beauté par ce fourbe de jardinier inca qui lui a fourni une formule bidon uniquement en échange de la recette des merguez maures qu'il s'est empressé d'envoyer au pays par pigeon voyageur. Ce diable de pigeon fut encore plus fourbe car, n'ayant rien à faire de ce disgracieux étui qu'il avait à la patte, il fit escale aux iles canaris pour se constituer un harem des volatiles éponymes et y finir ses jours dans le stupre et la luxure.
A peu de choses près l'Amérique du Sud aurait régné hégémoniquement sur le monde de la merguez.
L'Histoire avec un grand H tient vraiment à peu de chose.
A la fin de sa vie mon ancêtre a fini par réaliser la supercherie et il a eu l'honnêteté de coucher par écrit ses mésaventures ainsi que la mesquinerie de cruellement punir l'inca en le faisant enduire d'une épaisse couche de suie puis en l'applatissant entre 2 gros rouleaux de pierre.
Après un tel traitement il faisait moins le malin et tout le monde se gaussait de lui en le surnommant "l'inca-laminé".
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ch'lolo le Dim 29 Juin 2014 15:48, édité 1 fois.