Votre Sol est vivant... BRF, Composts, Culture en buttes, Permaculture, Amendement, Engrais, etc.

Règles du forum

Rappel : Conditions générales d'utilisation - Les règles d'insertion des photos sur ce forum - Charte des échanges
Sujet verrouillé

Comment ranonculus reptans est devenu bouton d’or.

Jeu 14 Juin 2012 09:25

Cette année, j’ai décidé que plus jamais je ne passerai le motoculteur dans mon potager. En attendant d’être prête à ne plus rien faire du tout, j’ai décidé de préparer mon terrain à la grelinette, à défaut de paille. J’ai donc commencé à nettoyer ma parcelle avant la mousson. Les plans de renoncules étaient encore petits. Je pensais n’en avoir pas pour trop longtemps, d’autant que le terrain était bien ressuyé. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de tout faire, il est resté 1/3 du potager qui est resté à l’état de friche.

Ma terre est très argileuse, elle colle très vite aux semelles, et là où on marche elle fendille très rapidement en cas de sècheresse. Mais il paraît que bien menée, elle peut être très fertile. En attendant, elle est couverte de renoncules, de celles qui font des grosses tiges cassantes, des tas de stolons, des tas de graines, accessoirement de jolies fleurs, mais j’avais une telle haine pour ces plantes que je ne m’en rendais plus compte.
Vous me connaissez, je n’arrache pas n’importe quoi. Quand je désherbe, si je vois une plantule que je ne reconnais pas, j’attends de la voir pousser un peu plus, pour faire les présentations une fois qu’elle aura fleuri. C’est comme ça que dans mon jardin, il y a des coquelicots partout, alors que je n’ai jamais réussi le moindre semis. Et d’une manière générale, ce qui vient naturellement est toujours moins chétif que ce que j’arrive péniblement à faire germer.

Après avoir lu l’encyclopédie de Ducerf, j’en étais arrivée à la conclusion que toutes les plantes ont une réelle utilité, pour rééquilibrer les sols ou les protéger. Et entendons-nous bien, je ne parle pas de l’utilité pour l’homme, enfin pas seulement. C’est pour cela qu’à certains endroits du jardin je n’arrache pas les orties ou que je laisse les ronces tranquilles. Mais les renoncules !!! ça ne sert à rien !!! juste à m’emmerder parce que c’est inarrachable ! Saletés !

Vu le temps qu’il fait, cette année je n’arrache plus rien du tout ou alors dans l’urgence parce que j’ai besoin de place, et c’est là que j’ai fait une merveilleuse découverte. Ça a commencé dans la planche de fraises. C’est tout ce qui reste de mon expérience de butte d’il y a 3 ans. Trop mal exposée, trop petite, je ne suis pas prête pour cette technique, je pense que j’ai d’autre choses à apprendre avant. Mais les fraise ont voulu continuer à pousser sur la butte, et elles sont vraiment très belles. Donc quand il a commencé à refaire soleil pour ¼ d’heure, je suis allée les désherber un coup parce qu’il y avait tellement de lapsane qu’on ne les voyait plus. Tiens ? Que des lapsanes ? avec une peu de coquelicot, des myosotis, du laurier de saint antoine, mais pas de renoncules ???? Pourtant, quand j’ai monté cette butte, il y en avait un paquet de renoncules… Vous aurez trouvé la réponse vous-même : c’est une butte donc plus personne ne marchant à cet endroit, le sol n’étant plus tassé, la renoncule ne se trouve plus à son aise et ne pousse plus. 1ere constatation ; les lapsanes proches de la floraison s’arrachent d’une main, idem pour les laurier de Saint Antoine. Les autres plantes , je ne sais pas parce que je les ai laissées. 2ème constatation ; la terre en dessous est légère, « propre », proche de la semoule… idéale pour faire du repiquage.

Le dernier beau long week end de mai, j’ai enfin eu le temps de travailler dans mon potager, pour tout faire à vrai dire, jusqu’à présent j’avais juste semé les petits pois et planté les patates. Il a fallu re-désherber toutes les planches, ça m ‘a pris une bonne journée. A un moment, je me suis même dit que j’allais demander à mon Castor de me passer le motoculteur. Je n’ai pas eu un regard pour la planche laissée à l’abandon, trop déprimant, vu la taille de mes ennemies. J’ai replanté les tomates, les aubergines, les poivrons, semé les haricots. Enfin du jardin quoi !

Quand il a fallu replanter les courges, il est devenu évident qu’il allait falloir m’occuper de la dernière friche. Oh non ! Je vais tondre et passer le motoculteur. Oui mais les pauvres vers de terre ! J’avais assisté quelques temps auparavant à l’agonie d’un ver que j’avais estourbi à la grelinette, et j’en avais encore des frissons. Pas de motoculteur donc. Alors je vais juste arracher les renoncules là où je veux planter les courges et puis je désherberai petit à petit ensuite. Ainsi fut fait. Je plante la grelinette dans le sol, je soulève le morceau j’attrape la renoncule à la base des feuilles, et je tire ! pas fort du tout ! la plante vient facilement les chevelu des racines est enrobé de terre, je le secoue un peu toute la terre tombe… Je viens de désherber ¼ de m² en un coup, parfaitement, et dessous la terre est … époustouflante !

Ça m’a pris ½ journée à faire ce dernier morceau de potager, et ça a été un vrai plaisir. J’ai enfin trouvé l’utilité du bouton d’or : il garde la fraicheur de la terre, et il la travaille en profondeur. Il faut juste l’arracher au bon moment, c’est-à-dire pendant la floraison.
Du coup je me pose plein de questions. Pourquoi préparer les planches en hiver ? Pourquoi ne pas le faire au fur et à mesure des besoins ?

... Et si on s’était plantés depuis le début ?

Re: Comment ranonculus reptans est devenu bouton d’or.

Jeu 14 Juin 2012 11:19

Conclusions et constatations étonnantes mais au combien interessantes , m'en vais noter tout ca merci pour le partage d'expérience :biss

Re: Comment ranonculus reptans est devenu bouton d’or.

Jeu 14 Juin 2012 13:18

Bravo Delphes,
Pour ce petit texte fort sympathique et intéressant. J'ai fait la même constatation, les rumex peuvent s'arracher facilement en sol humide juste avant la floraison.
A+

Re: Comment ranonculus reptans est devenu bouton d’or.

Jeu 14 Juin 2012 18:12

Oui, moi aussi l'idée de ne plus travailler le sol fait son chemin, cette année j'ai encor passé la motobineuse mais j'espère ne plus avoir à la passé à l'avenir.
Pour cela je tente de faire un paillage systématique tout au long de l'année jusque au printemps prochain et si j'y parviens alors je planterai met plant (tomate aubergine poivron etc...) en écartant le paillage comme cela est indiqué dans la méthode soltner. :lol:
J’ai commencé mon (paillage) il y a quelque jour a peine pour tenté d'étouffer la majorité des herbe fini la binette les plus coriace seront arraché manuellement. Je croise les doit pour que cette méthode marche quart elle m'a séduit dés que j'en est pris connaissance très récemment.

Re: Comment ranonculus reptans est devenu bouton d’or.

Jeu 14 Juin 2012 20:40

Bonsoir !

Un joli texte que tu nous as écrit là !

Tes observations sont bien entendu à prendre en compte. Le passage d'engins mécaniques n'arrangent rien, certes c'est bcp moins de boulot mais à force une semelle se forme à 20/30 cm en dessous. La terre remuée ainsi va mettre un temps certain à recréer le microcosme si utile aux plantes donc au jardiner. Les plantes dans un tel désert sont souvent vulnérables aux maladies.

Vivement la suite de tes observations.

:tomate

Re: Comment ranonculus reptans est devenu bouton d’or.

Jeu 14 Juin 2012 22:16

c'est vrai qu'il y a beaucoup d'herbes adventices cette année :evil: :evil: je ne retrouve pas mes semis de carottes ni ceux de poireaux.
L'année prochaine je sème du mouron ,des boutons d'or ,des saxifrages,des rumex etc.... ainsi je vais peut-être récolter des choux :lol: :lol: :lol:

Re: Comment ranonculus reptans est devenu bouton d’or.

Ven 15 Juin 2012 11:20

toujours bien tournés tes textes Delphes, même en parlant d'adventices !!

Re: Comment ranonculus reptans est devenu bouton d’or.

Ven 15 Juin 2012 11:25

Delphes tu aimes écrire, et moi j'aime te lire....

Même une mauvaise herbe a le droit à sa poésie.

Re: Comment ranonculus reptans est devenu bouton d’or.

Ven 15 Juin 2012 12:18

Très intéressant et très bien écris !
:merci

Re: Comment ranonculus reptans est devenu bouton d’or.

Lun 2 Juil 2012 11:03

Regardez sur quoi je viens de tomber! C'est traduit de l'allemand alors pas super bien écrit, :lol: :lol: et je réalise à l'instant que c'est d'abord traduit de l'anglais vers l'allemand. Donc ça ne veut plus dire grand chose. J'ai tenté de le réécrire, mais je n'ai pas trop le temps. Si ça tente quelqu'un... Globalement c'est compréhensible. BOUTON D'OR je vous dit


"La façon dont les terres sont gérées dans laquelle l'agriculture peut entraîner des changements environnementaux qui affectent la biodiversité et les services fournis par les écosystèmes. Une nouvelle étude suggère que le rétablissement de mauvaises herbes communes, tels des chardons, des renoncules et le trèfle, pourrait avoir de vastes avantages sur les programmes agro-environnementaux . Ces plantes semblent aider à stabiliser les liens positifs entre les différentes espèces trouvées dans les terres agricoles.

Les communautés de plantes et d'animaux vivent et interagissent ensemble dans l'environnement, formant une variété de différents réseaux, tels que les réseaux trophiques, les réseaux de dispersion des graines et des réseaux de pollinisation. Tous ces réseaux sont interconnectés, formant un réseau de réseaux. Comprendre comment ces interactions complexes peuvent affecter la survie des espèces en vertu de changement de l'environnement peut aider les écologistes à cibler les ressources pour fournir le plus d'avantages au plus grand nombre d'espèces.

Dans cette étude, les chercheurs ont étudié les interactions entre les différentes espèces de plantes et d'animaux au sein et parmi les sept réseaux différents (y compris les réseaux trophiques) sur une ferme au Royaume-Uni. Les chercheurs ont ensuite modélisé ce qui arriverait à différents groupes d'espèces animales au sein des réseaux liés si certaines espèces de plantes ont été perdues.
Plus de 1500 relations entre 560 organismes, qui faisaient partie des sept différentes chaînes alimentaires ont été mises à jour. Les animaux dans les réseaux trophiques incluent papillons pollinisateurs et abeilles, les oiseaux granivores, rongeurs et les parasites végétaux et animaux.

à partir de là, je n'ai pas réécrit... :siffle-4487:

la modélisation des différents scénarios de la perte de plantes a révélé que certains groupes d'espèces ont été fortement interconnectés, de sorte que le retrait d'espèces végétales qui ont eu un impact faible sur certains groupes d'animaux aurait alors un impact faible sur la robustesse de groupes d'autres animaux. Toutefois, des interconnexions d'espèces animales variées à travers tous les réseaux, la restauration de certains plans ne sont pas les espèces dans le paysage bénéficieraient certains mais pas tous les groupes d'animaux aussi à travers le paysage.

Par exemple, l'oiseau-graines d'alimentation, les rongeurs de semences d'alimentation et le puceron et les réseaux de parasites de pucerons étaient plus robustes à la perte de plantes que les réseaux insecte pollinisateur et le papillon, qui seraient plus touchés par les plans de perte et les changements dans l'environnement.

L'étude a également identifié les plantes qui étaient une importance disproportionnée aux animaux dans le réseau des réseaux trophiques dans le milieu agricole. Ces plantes inclus chardon, le persil vache, renoncules et le trèfle, qui peut être considéré comme des mauvaises herbes. Les chercheurs espèrent que leur étude conduit à approfondir le travail expérimental pour tester leurs conclusions.
Protéger la biodiversité en milieu agricole est important pour la production alimentaire durable. Les agriculteurs bénéficient des services écosystémiques fournis, par exemple, les pollinisateurs, les abeilles et les papillons que la recherche. La gestion agricole pourrait se concentrer sur le rétablissement de plantes qui sont particulièrement importantes dans les réseaux, car ces plantes sont prévues pour offrir le plus grand bénéfice pour la biodiversité. Cela pourrait prêter à controverse, même si, comme certaines de ces plantes sont des terres agricoles contre les mauvaises herbes.

Source: Pocock, MJO, Evans, DM, Memmott, J. (2012) La robustesse d'un réseau et la restauration des réseaux écologiques. Science.335: 973 à 977
Contact: @ michael.pocock ceh.ac.uk
Thème (s): Agriculture, Biodiversité (pdf s): http://www.ec.europa.eu/environment/int ... 284na1.pdf
Sujet verrouillé