Le coup du gel vif du 17 avril 2012, 300 plants perdus, les tomates de Bribri en bouillie, -5°C.
Il s'est passé la même chose ce matin à l'aube. Je me lève, il faisait frais dans la cuisine, Je risque un orteil par la porte pour faire rentrer le chat. Il fait froid, un froid de printemps, celui qu'on redoute. Un froid d'un ciel clair avec la lune arrogante, les étoiles qui brillent plus clair. Je saute sur le thermomètre. -3°C me dit il sans paniquer. Et le jour n'est pas encore levé. Il est 5 h 17.
Ai-je bien fermé la serre ?
Un café puis deux. Clope au bec, je gratte le pare brise, fébrile.
J'arrive à la serre dans ce matin de cristal où la lumière déchire le ciel. Le givre s'étale sur la bâche. Il a gelé fort, je pousse le semblant de porte. Le premier rayon vient de traverser l'air de la serre qui se réveille. Vite le thermomètre 0.9°C pour le minima. Pas de -, ouf!!!
En quelques minutes il fait 10°C une heure après 20°C. C'est pas passé loin, mais l'air est frais en quittant la serre ce soir. La nuit sera froide, demain je guetterai le ciel.
C'est le grand jour. Le jour où je reviens à la ferme pour ouvrir la saison. Pas près, comment transporter 40 cageots, trois allers et retours plus tard, pas le matériel, pas les chariots, je cours après le temps. Mal organisé, improvisé, et merde, journée de merde. J'ai peur de retourner sur cette aventure qui n'a duré qu'un été l'année dernière. Je ne me sens pas prêt, et pourtant tout est prêt, les étiquettes, les photos, les plants sont beaux.




Voilà tout s'est bien passé, il y avait du monde. Je suis soulagé, je n'ai pas travaillé pour rien cet hiver.