Salut le bio potagiste, salut les autres,
je préfère, au double bêchage qui a un effet désastreux sur la vie du sol
Ah bon, pourtant les couches sont simplement décalées latéralement sans retournement (mais je ne t'apprends rien à ce sujet). J'ai, en plus de mon jardin à la maison, qui suffit largement à notre autonomie en légumes, j'ai disais-je, un jardin ouvrier (j'ai du mal à dire familial) que j'ai plus pour faire de l'entrisme que pour nourrir ma famille. Je l'ai récupéré après un an d'abandon alors qu'il avait été travaillé au labour pendant des années... Bonjour la semelle... Le repos d'un an avait permis le retour des vers de terre... J'ai pratiqué le double bêchage ce qui m'a permis de casser la semelle et les vers étaient là en grand nombre deux mois plus tard. Je sais les vers ce n'est qu'une partie de la vie du sol... mais quand même...
Si tu as constaté des effet désastreux après un double bêchage je pense qu'il faut voir ce qui dans le contexte d'un double bêchage crée le désastre.
Le retour très rapide de cette pédofaune m'a étonné jusqu'à ce que j'entende cet automne les Bourguignons causer des effets du labour de surface sur ces petites bêtes... sur France Inter. Je te conseille l'écoute de la Tête au carré du 11/10/2010 avec comme invité Gaël Caro (sa thèse sur les vers de terre devrait bientôt être dans le domaine public), Claude et Lydia Bourguignon...
Deuxième problème, à mes yeux, il y a deux cas de figures quand on veut régler le problème d'une semelle...
- reprise d'un jardin
- modification des pratiques
et dans les deux cas on veut récolter des légumes sains rapidement... Si je suis ta stratégie de mettre de l'engrais vert (qui se tient dans l'absolu) on se prive d'une saison de récolte... et on doit prendre les service d'une tiers personne pour satisfaire ses besoins alimentaires.
Bonjour l'autonomie ! Mais ça arrange certainement du monde.
J'en arrive au problème de Linquat... si tu veux faire une culture potagère sur le sol que tu décris tu as le choix entre chercher à reconstruire un sol "naturellement" mais il va falloir attendre longtemps avant de le cultiver et adieux pas mal de cultures... ou refaire un sol rehaussé par une technique ou une autre (butte, carrés ou planches rehaussés, couverture permanente de compost...) ce qui demande des moyens (pas forcément financiers) mais permet des récoltes rapidement.
Pour revenir sur l'aérofourche, les hommes utilisent leur intelligence et leur sens de l'observation, depuis toujours, pour mettre au point des techniques et des stratégies permettant de pratiquer au mieux des cultures en fonction de leur sol et de leur climat... (tout cela a été mis à mal quand on est passé de la culture vivrière à la culture d'exploitation... on rentre dans d'autres stratégies). L'objet technique "aérofourche" est une réponse cohérente à un milieu et à un mode de production (celui du potager et pas du maraichage). Le problème à mes yeux c'est que c'est "une" réponse... mais pas la seule... mais qu'elle est terriblement tendance. Il est très malvenu de dire qu'on n'a pas d'aérofourche et qu'on n'en a pas besoin.
Je parcourais récemment le site de Terre Vivante, que j'adore et sans lequel je n'aurais aucune culture potagère, où un article de Denis Pépin (excellent au demeurant) fait la liste des outils du jardin
http://www.terrevivante.org/248-les-outils-indispensables.htm
On est tellement dans le politiquement correct que sont évincées pelles, pioches, bêches... On se focalise sur le sol et on oublie qu'un jardin écologique c'est fait de mare, de haies, d'arbres qu'on plante...
Bien malin celui qui arrivera à creuser une mare avec une "aérofourche" (j'utilise ce terme volontairement car celui d'origine à un copyright)
Voilà, il y a à dire... et à réfléchir et je me doute que ce poste ne va pas vous laisser de marbre...