ETAJB: Transmission des maladies par les graines : Différence entre versions

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C'est la méthode la plus naturelle de nettoyage et de désinfection des graines, et celle que nous employons tous.
 
C'est la méthode la plus naturelle de nettoyage et de désinfection des graines, et celle que nous employons tous.
  
Elle est anaérobie et les ferments produisent des sécrétions acides qui nettoient le gel et les enveloppes des graines.  
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Elle est anaérobie et les ferments produisent des enzymes et sécrétions acides qui nettoient le gel et les enveloppes des graines.  
  
 
Une fermentation bien conduite permet d'éliminer une grande partie des organismes pathogènes, principalement ceux qui sont transmis par voie aérienne et qui infectent le feuillage sans pénétrer profondément dans les tissus.
 
Une fermentation bien conduite permet d'éliminer une grande partie des organismes pathogènes, principalement ceux qui sont transmis par voie aérienne et qui infectent le feuillage sans pénétrer profondément dans les tissus.

Version du 3 janvier 2015 à 18:06

La multiplication des échanges de graines entre collectionneurs du monde entier pose la question de la transmission des maladies par des semences contaminées.

On le savait déjà pour les maladies bactériennes et virales, mais un document du "Department of plant pathology" de la Cornell University sur le traitement des graines par la chaleur, donne aussi pour la tomate une liste de maladies fongiques qui peuvent se transmettre par des semences infectées:


l'alternariose
l'anthracnose
le botrytis
la fusariose
le mildiou
la septoriose
la Verticilliose

source: http://vegetablemdonline.ppath.cornell.edu/NewsArticles/HotWaterSeedTreatment.html


Traitement à l'eau chaude

Le document de Cornell cité ci-dessus recommande le traitement à l'eau chaude, 25 minutes à 50oC ou 20 minutes à 51,5 ° pour les graines de tomates. Mais ce traitement est très délicat à mettre en œuvre, il faut être très précis sous peine de compromettre la faculté germinative des semences. Il ne doit pas être effectué sur des graines âgées.

Un membre de Tomatoville mentionne l'utilisation d'une bouteille thermos pour le traitement thermique de petites quantités de graines.


Traitement à l'hypochlorite (javel)

L'eau de javel est bactéricide, sporicide, fongicide et virucide.

Le traitement à l'hypochlorite de soude est un deuxième choix. Contrairement à la thermothérapie, il ne peut pas détruire les pathogènes qui ont pénétré à l'intérieur des graines, il n'agit que sur l'enveloppe externe.

Tremper les graines 40 mn dans une solution à 10000 ppm de chlore actif, c'est-à-dire si je ne me trompe pas 3,8 volumes de javel à 2,6% pour 10 volumes d'eau (agiter la solution) puis bien rincer et sécher rapidement pour éviter de démarrer la germination.


La marche à suivre est détaillée ici, (en anglais)

http://vegetablemdonline.ppath.cornell.edu/NewsArticles/All_BactSeed.htm


Autres traitements des graines

le vinaigre

Antiseptique, antifongique, antiparasites, certainement utilisé et très accessible et facile d'emploi, mais je n'ai pas trouvé de dosages et d'exemples d'utilisation. Une conférence de l'ITAB en 2008 mentionne le vinaigre, fongicide et bactéricide, pour la désinfection des semences et la destruction des champignons pathogènes transmis par les semences, sans donner de détails. voir: http://www.itab.asso.fr/downloads/actes%20suite/jt-semences2008.pdf


les bicarbonates de potassium et de sodium

Pour les champignons pathogènes la conférence de l'ITAB mentionne aussi les bicarbonates de potassium et de sodium, fongicides reconnus contre l'oïdium, la tavelure, le monilia, le botrytis. Spécialité commerciale: l'armicarb (=bicarbonate de K)

Il sont apparemment très utilisés par les jardiniers américains qui les mentionnent sur les forums et les sites de jardinage.


Le phosphate trisodique

Très utilisé aussi par les américains pour la désinfection des graines et souvent mentionné sur leurs sites et forums:

"Utilisé, à la suite d'une fermentation classique, pour minimiser les risques de contamination de la génération suivante." (Fred Hempel, tomatoville)


Tom Wagner l'utilise pour ses graines. (Il mentionne aussi le vieillissement des graines, une année de stockage éliminant beaucoup de pathogènes, et le traitement à la chaleur - 20mn à 50°)

Je traduis un de ses messages de 2008 sur son forum:

"Le phosphate trisodique dissout le gel qui enveloppe les graines, enlève de la surface les huiles organiques et les composés inhibiteurs de germination, et aide à détruire les organismes présents sur la surface et dans les crevasses des graines.
Très caustique, porter des gants.
"On peut tremper des graines de solanacées provenant d'échanges avec des gens qui ne traitent pas leurs graines d'abord dans une solution de phosphate trisodique pendant 15 mn puis dans une solution à 10% de javel domestique pendant 30 mn.
"Je préfère cependant faire cette désinfection au moment de l'extraction des graines.

Source: http://tatermater.proboards.com/thread/10, 2008


Le phosphate trisodique est par contre très peu mentionné sur les sites Français.

Je cite ephytia.inra, qui préconise l'emploi de l'hypochlorite de sodium, du phosphate trisodique, et de la thermothérapie en cas de contamination par virus:

"Les graines utilisées pour les semis devront être saines. En cas de doute, elles seront désinfectées de la même façon que pour le ToMV .
"Plusieurs produits sont préconisés pour éliminer le PepMV des graines sans trop pénaliser la germination des graines par la suite, seuls ou en association : hypochlorite de sodium, phosphate trisodique, le Menno-Florades… Après ces différents traitements, les semences devront être rincées à l'eau courante, en les agitant bien, puis séchées rapidement…
"Des traitements par thermothérapie sont également signalés, car le PepMV est très sensible aux hautes températures.

source: http://ephytia.inra.fr/fr/C/5307/Tomate-Methodes-de-protection


la fermentation des graines

C'est la méthode la plus naturelle de nettoyage et de désinfection des graines, et celle que nous employons tous.

Elle est anaérobie et les ferments produisent des enzymes et sécrétions acides qui nettoient le gel et les enveloppes des graines.

Une fermentation bien conduite permet d'éliminer une grande partie des organismes pathogènes, principalement ceux qui sont transmis par voie aérienne et qui infectent le feuillage sans pénétrer profondément dans les tissus.

De plus la pellicule solide de bactéries et de champignons qui se forme à la surface ensemence certainement les graines en organismes protecteurs.

Mais c'est insuffisant en cas de contaminations graves et permet l'introduction de nouveaux pathogènes dans des zones jusque-là indemnes.


Autres méthodes de désinfection

Je cite l'ITAB, Journée Technique Semences et Plants Biologiques – 22 janvier 2008


La désinfection chimique:

  • Cuivre: traditionnellement utilisé en AB, peu de références récentes
  • Acides: vinaigre, acide acétique, ou SDN (acide salicylique, jasmonique)
- Pathogènes visés: champignons
- Pas de développement commercial

Source: http://www.itab.asso.fr/downloads/actes%20suite/jt-semences2008.pdf


le bio contrôle

Mentionné lors de plusieurs conférences sur l'agriculture bio en France, il utilise les biocides et les champignons ou bactéries antagonistes qui occupent le terrain et bloquent le développement des pathogènes présents sur les graines.

C'est aussi ce que nous faisons tous en faisant fermenter les graines et en assurant naturellement la présence d'organismes inoffensifs et protecteurs.


Extraits organiques

  • Origine animale:
- la poudre de lait, qui favoriserait les micro-organismes antagonistes
  • Origine végétale:
- poudre de moutarde, Huiles essentielles, Extraits de plantes:
- mode d’action mal identifié
- Pathogènes visés: insectes, champignons

Source: http://www.itab.asso.fr/downloads/actes%20suite/jt-semences2008.pdf


Micro-organismes

  • Méthode très documentée et plus récente
  • Mode d’action: antagonisme/pathogène
- Bactéries / bactéries et champignons: pseudomonas fluorescens (Cédomon – non homolog.), bacillus subtilis (Sérénade – homologué en France)
- Champignons / champignons: Trichoderma harzianum (non homologué en France), Plant Shield, Supresivit, Trichodex et Binab
  • Méthode « non-universelle »
  • Mise en oeuvre par trempage, poudrage, pelliculage des semences

Source: http://www.itab.asso.fr/downloads/actes%20suite/jt-semences2008.pdf


Devons-nous désinfecter nos graines?

Une conférence de l'ITAB en 2008 faisait le tour du problème sur le plan commercial:

"Alors qu’aujourd’hui la plupart des semences biologiques ne sont pas traitées après récolte, plusieurs pistes biologiques sont envisagées pour améliorer leur qualité et pour lutter contre les maladies transmises par les semences."

Source: http://www.itab.asso.fr/downloads/actes%20suite/jt-semences2008.pdf


Devons-nous nous poser la question à propos des graines que nous échangeons?

J'ai entendu parler d'un jardin dont le sol a été contaminé par le fusarium à partir d'une ou 2 plantes issues d'un échange de graines.

Il faut être rigoureux et ne pas prélever de graines si des pathogènes infectent nos cultures. Mais quelquefois il est souhaitable de garder les graines de variétés rares ou intéressantes. Que faire dans ce cas?

Heureusement pour les tomaticulteurs,

"les semences des légumes fruits sont en règle générale moins contaminées par des champignons pathogènes que les semences d’ombellifères ou de crucifères."

Source: http://www.itab.asso.fr/downloads/actes%20suite/jt-semences2008.pdf


Mais on parle de maladies du sol qui apparaissent dans des jardins jusque là indemnes.

Des maladies sont endémiques dans d'autres pays (virus de la mosaique en Espagne et aux Pays Bas) et ne demandent qu'à s'implanter chez nous..


La désinfection des graines semble s'imposer aux semenciers, n'est-elle pas souhaitable aussi chez les jardiniers échangeurs de graines?


Comme toujours avec le développement très rapide de pathogènes en milieu stérile j'ai noté je ne sais plus où que des graines bien stérilisées laissaient le champ libre à la prolifération de pathogènes en cas de contamination secondaire.



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