Traitements contre les Maladies, Traitements bio, Vieilles Recettes...
Ven 12 Déc 2008 09:46
Je viens de lire avec beaucoup d’intérêt les posts de ce sous-forum...qui m'incitent à présenter des essais expérimentaux de désinfection et de biodésinfection des sols en culture maraîchère bio.
Ces méthodes sont intéressantes dans la mesure où elles permettent une alternative relativement efficace pour lutter contre les champignons telluriques, les nématodes et les adventices en évitant l'utilisation de produits chimiques.
Elles s’inscrivent dans un ensemble global de méthodes de lutte, qui permettent d’obtenir une réelle efficacité (rotation des cultures, associations de plantes, etc..)
L’intérêt également est de pouvoir être applicable à l'échelle du jardin.
Je fais une petite synthèse des méthodes, sachant que les expérimentations sont toujours en cours, avec des résultats très intéressants sur 3 ans de mises en place.
Chacun pourra les tester et évaluer les résultats obtenus sur son propre jardin.
Ven 12 Déc 2008 14:07
Hou la la, ça c'est intéressant...

Tu vas faire un tabac, Ginko !!!
Ven 26 Déc 2008 11:55
Petite synthèse pour la désinfection des sols.
Première technique : la solarisation.
Principe de la solarisation :
Utiliser l’effet thermique obtenu par la pose au sol d’un film plastique transparent traité anti UV et l’action du rayonnement solaire.
Le film plastique transmet le rayonnement solaire au sol et permet l'élévation de la température au-delà de 40°C. La conductivité de l'eau stockée assure la transmission de la chaleur en profondeur.
Elle permet également la réactivation des formes de conservation des champignons et la mise en germination des graines d'adventices. Cette réactivation permettra de mieux les détruire.
L’objectif de la solarisation est la désinfection les sols en permettant principalement de protéger les cultures des attaques de champignons telluriques et de l'envahissement par les adventices.
Pour réussir la solarisation il faut :
• Une durée d'ensoleillement suffisantes de l’ordre de 250 heures.
• Une intensité lumineuse permettant d'obtenir une élévation rapide de la température dans les 3 premiers jours qui suivent la pose du film plastique.
• Un film plastique traité anti-UV.
• Veiller à bien tendre le film en le buttant.
• Un sol bien préparé comme pour un semis, afin d’obtenir une structure relativement fine et l’humidifier avant la pose du film plastique.
• Eviter les tassements qui empêchent une bonne circulation de la chaleur.
• Une reprise du sol après solarisation superficielle, la désinfection se fait sur 25 à 30 cm en fonction de la montée en température.
• Une durée de couverture optimum de 60 jours consécutifs (30 jours minimum pour un effet herbicide, jusqu'à 60 jours pour un effet fongicide maximum, couverture minimum : 45 jours).
• Epoque possible pour débuter une solarisation : mai à juillet inclus.
• On constate que la teneur en azote nitrique du sol peut augmenter de façon importante durant la solarisation. En l'absence de mesure n'effectuer aucun apport azoté.
• Débâcher au dernier moment avant la mise en culture, pour éviter que le sol ne durcisse.
Pour un jardin, il est pratique d’utiliser du film traité anti UV standard en 10m*3m.
En fonction de ses plantations et rotations, solarisation de plusieurs planches en simultané ou en décalé.
Je poste la deuxième technique rapidement.
En ces jours de fêtes, plein de douceurs à chacun d'entre vous!!
Lun 5 Jan 2009 15:38
Petite synthèse pour la désinfection des sols. Suite.
Seconde technique : la bio désinfection.
Cette technique apporte une nette amélioration par rapport à la solarisation seule.
Principe de la bio désinfection :
La méthode (encore en expérimentation, mais bons résultats) consiste à utiliser les propriétés biocides de certaines plantes de type crucifère et des alliacées (oignon, poireau, ail..) produits sur la parcelle, broyés et incorporés au sol comme un engrais vert avant la solarisation.
Il est impératif de réaliser l’incorporation du crucifère ou de l’Alliacée en combinaison avec la solarisation.
Les composés biochimiques de ces végétaux et certains éléments issus de leur décomposition (composés soufrés, augmentation du CO2 et baisse de l'O2 dans le sol, libération d'isothiocyanate ) apportent une réponse très efficace pour le traitement fongique des sols et assurément une alternative possible à d’autres traitements plus nocifs pour le sol et la plante.
Mon constat pratique est le suivant :
• Forte à très forte réduction des pathogènes et ravageurs du sol (Mildiou, Botrytis, nématodes, Verticillium, Fusarium…)
• Forte à très forte disparition des adventices.
• Pas de toxicité.
• Aucune rémanence.
• Demande du soleil.
• Demande un peu de travail.
• Jouer et anticiper sur les rotations de cultures afin de bloquer le moins possible le sol pour les autres cultures (surtout pour les petits jardin !)
Voilà deux techniques qui vont permettre d'améliorer la santé de vos sols et de vos tomates (.... des autres plantes aussi !!) de manière certaine tout en respectant vos environnements respectifs.
Si certains parmi vous sont tentés, j'aimerai bien avoir un retour sur leurs résultats. Cela permettra d'avancer ensemble (et d'affiner les techniques).
Pour ma part, je réalise ces essais avec parcelles témoins , depuis 4 ans, au niveau du jardin.
Belle et fructueuse année à chacun d'entre vous...
Lun 5 Jan 2009 16:45
Merci Ginko...
Tu veux dire qu'il faudrait broyer des poireaux, par exemple, sur les parcelles ? Le fait de cultiver des alliacées sur les parcelles n'est pas suffisant ? Et que penses-tu du jus d'ail ou ce genre de chose ?
Lun 5 Jan 2009 19:49
C'est drôle, je lisais récemment un article qui m'a semblé intéressant ... j'avais bien envie d'en poster ici ce que j'en ai retenu ...
Le jardinier interrogé parlait du fait qu'évidemment dans la terre il y a les "maladies ennemies" de nos légumes en dormance mais il soutenait aussi que les légumes attaqués y laissent également le début de l'immunité qu'ils fabriquent contre ...
Du coup, selon lui, en laissant trois années de suite les légumes (je ne me souviens plus mais je crois qu'il ne parlait pas que des tomates ...) et bien on arrive à obtenir et à sélectionner des variétés résistantes et adaptées à son climat.
Bon, il était assez sévère sur la sélection : ne garder que celles qui s'adaptent. Évidemment, on a pas toujours envie de cultiver que les resistors ... mais j'ai trouvé sa théorie inédite et pas inintéressante ...
J'en retiens quand même qu'en voulant trop désinfecter, on tue aussi ce qui nous aide à lutter contre le mal.
C'est ce qui se passe avec les antibiotiques et avec un grand nombre de désinfectants en milieu hospitalier et également à domicile ...
Mar 6 Jan 2009 09:34
C'est cela Craonne, il faut le broyer exactement comme pour un engrais vert et l'enfouir.
La culture sur la parcelle en elle-même n'est pas suffisante, même si l'on constate un petit effet antifongique.
La décomposition de la matière végétale est nécessaire car elle permet la libération des composés soufrés (disulfure de diméthyle, disulfure de dipropyle et disulfure de diallyle) qui ont cette action fongicide.
Le jus d'ail n'est pas non plus suffisant, mais tous les déchets des Alliacées peuvent être utilisés avec la même efficacité.
Nonoboom, la biodésinfection par ces méthodes n'est pas une stérilisation du sol qui conservent toutes ses qualités d'origine.
Elles permettent simplement un assainissement de la terre.
Par ailleurs, si ce sol a été nourri comme il se doit il possède toutes potentialités vitales pour que la future plante y puise tout les éléments nutritifs nécessaire à sa croissance et exprime toute ses capacités à lutter contre la maladie.
Je constate que dans un sol sain et riche (il ne doit y avoir aucun oligo-élément limitant), les maladies envahissent peu les plantes.
Je ne saurai dire si une plante infestée laisse dans le sol un début d'immunité. Car l'immunité se manifeste au niveau des cellules végétales par l'expression d'anticorps et je ne vois pas comment ces défenseurs internes peuvent trouver les conditions de survie dans le sol.
Par contre il est certain que "l'adaptation" d'une plante est une réalité, c'est ce que fait la nature à son échelle de temps. Les variétés de graines par exemple ont la capacité de s'adapter aux multiples conditions de climat et de sol que l'on rencontre sur notre planète avec souvent des stratégies d'adaptation surprenantes (il suffit de s'émerveiller devant toutes ces variétés de tomates, si belles et si différentes, en apparence, car elles ont le même génotype et ne change que le phénotype).
Une plante peut même devenir résistante à tel virus ou à telle bactérie par l'effet de conditions spécifiques qui engendre une mutation génétique. Ces conditions peuvent être naturelles, sur des cycles de temps très longs ou moins naturelles (voir Monsanto et d'autres) en modifiant les séquences génétiques des végétaux.
Mar 6 Jan 2009 12:02
Il faudrait donc faire une grosse culture de poireaux qui seraient utilisés pour ça... C'est jouable si on a un peu de surface... Après tout, ça prend pas tant de place que ça, les poireaux... Et puis, on peut peut-être utiliser les poireaux perpétuels et les verts d'oignons... La ciboulette aussi, alors... Là, c'est facile, il suffit d'en faire une belle rangée ou mieux, d'en entourer des carrés. ça s'étoffe hyper vite, la ciboulette...
Mar 6 Jan 2009 14:06
Oui Craonne, il est possible d'utiliser les poireaux perpétuels, les vert d'oignons, etc.
Il faut bien penser ses rotations de cultures en y incluant les surfaces à traiter et en intégrant la durée d'immobilisation de la/les parcelle à traiter.
C'est plus délicat pour les petits jardins où la parcelle en bio désinfection et solarisation ne sera pas productive de légumes pendant un certain temps.
Mais tout comme les jachères de bon sens pratiquée autrefois et encore aujourd'hui par certains agriculteurs, la solarisation et la bio désinfection sont, je le crois, à inclure dans nos rotations culturales, tout jardinier amateur que nous soyons.
Mer 7 Jan 2009 08:03
Très intéressant, Ginko !
Mer 7 Jan 2009 11:41
Ginko
En s'inspirant de la technique de solarisation que tu as développée plus haut, que penser d'une couverture du sol ,non pas avec plastique transparent mais avec bâche noire pour une montée en température supérieure. Les spores du mildiou sont-ils sensibles à ce facteur température et connait-on la température à atteindre pour être sûr de les éliminer ?
Jeu 8 Jan 2009 09:36
Je trouve vraiment intéressant toutes ces méthodes mais pardon, je trouve toujours ça utopique de croire qu'on arrive à éradiquer les spores des maladies ...
Pour moi, il vaut mieux arriver à un équilibre entre tous les éléments du sol qui se fait naturellement en forêt par exemple.
Provoquer un désequilibre, d'un côté c'est laisser la place aux envahisseurs aussi ...
Mais ça n'empêche que c'est très intéressant ...
Jeu 8 Jan 2009 09:44
Bonjour
Je lis tout cela avec grand intérêt et étonnement (car je ne connais pas grand chose !) Mais je n’ai que 60 m2 pour tout planter…
Mon mari, cette année, a étendu sur le potager les feuilles des arbres. Est ce que celles-ci vont faire aussi cet effet de solarisation ?
Et le basilic ? Je pensais qu’en plantant entre chaque pied un peu de basilic cela empêchait le mildiou de se développer.
Bonne journée.
Dim 11 Jan 2009 12:14
Bob,
la solarisation est un processus hydrothermal, utilisant la radiation solaire capturée sous film plastique.
Celui-ci doit être transparent pour laisser passer le rayonnement solaire.
Le film noire n'a pas le même effet, si ce n'est qu'il permet une montée en T° et à un "effet" de brûlage sur la couverture du sol. Mais pas l'effet obtenu grâce au film anti Uv transparent.
Le mode d'activité de la solarisation est assez complexe, il peut( et doit à mon avis) être combiné avec d'autres mesures de contrôles avec grand succès(engrais vert spécifiques pour la bio désinfection, rotation des cultures, association de plantes, mulching avec des Alliacées et des choux/radis fourragers...).
Elle réduit de manière drastique la densité de l'inoculum par inactivation thermale et induit la suppression des pathogènes, des mauvaises herbes, des insectes et des nématodes.
On constate également, une modification au niveau de la micro-flore, un nouvel équilibre s'installe plus bénéfique pour la plante avec apparition de phéromones (des auxinnes et de la gibbérellines) qui affectent positivement le développement et la croissance de la plante.
La T° mesurée à 5 cm de profondeur est de comprise entre 50 et 55°C et de 40 à 42°C à 20-25 cm de profondeur.
A 50-55°C les principaux champignons subissent une importante altération de leur pouvoir de développement voire une totale destruction pour certains.
On n'élimine pas la totalité des spores de mildiou, mais ils sont sérieusement réduits.
Dernière édition par
Ginko le Lun 12 Jan 2009 10:03, édité 1 fois.
Dim 11 Jan 2009 13:32
Merci Ginko pour cette réponse très documentée
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