Bon, la conversion du fichier image en fichier texte se faisait systématiquement avec un dictionnaire anglo-US. J'ai préféré saisir, heureusement que je tape des dix doigts sans regarder l'écran.
Alors c'est un texte d'un livre de jardinage tropical :
La Cristophine, Sechium edule
(Mirliton en Haïti, Chouchou à la Réunion, Chayotte en anglais et en espagnol)
Cette plante originaire du Mexique appartient à la tribu des Sycioïdées, caractérisées par des fruits contenant une seule amande de grande taille, sans tégument. Le
Polakowskia tacao subspontané à Costa Rica, à fruits beaucoup plus petits, appartient à la même tribu.
La Cristophine est une plante vivace, à très grand développement, capable de grimper à plus de 6 m de hauteur dans les arbres, à grandes feuilles pentagonales épaisses. Les fleurs mâles et femelles, très petites, apparaissent côte à côte à l’aisselle des feuilles. 30 jours séparent l’épanouissement d’une fleur femelle de la récolte du fruit. Celui-ci est pyriforme, inséré sur un pédoncule mince, et présente à son extrémité une fente par laquelle émerge à maturité la partie inférieure de l’amande, dont la radicule principale avorte au contact de l’air. La germination peut débuter sur le fruit encore suspendu à la plante, la tigelle fait demi-tour sur elle-même pour pointer à l’extérieur.
Les fruits peuvent être blancs, vert pâle ou vert franc, lisses ou épineux. On préférera les variétés à fruit lisse, vert pâle ou blanc. Les variétés à fruit blanc ont aussi les pétioles incolores.
Pour reproduire la plante, on met en terre, à peine recouverts, des fruits entiers ayant commencé à germer. En terre stérilisée, on peut faire germer des amandes prélevées sans les blesser.
Les plants de Cristophine sont en général conduits en tonnelles de 4 à 6 m de large et 2 m de haut, formées de grillage à maille de 15 cm ou de bois entrecroisés au même écartement. On peut aussi recouvrir de grillage l’armature d’un ancien tunnel plastique. On plante tous les 50 cm, de chaque côté de la tonnelle, des fruits germés.
Tous les ouvrages d’horticulture s’accordent pour dire que la Cristophine craint les températures élevées et que son optimum se situe vers 1000 m d’altitude. Aux Antilles françaises où la température ne dépasse jamais 31°C, on en cultive cependant avec succès en plaine, mais la végétation subit un temps d’arrêt pendant les mois les plus chauds (juin à septembre). Les feuilles jaunissent, beaucoup de tiges se dessèchent ou pourrissent.
La végétation repart quand les températures nocturnes redescendent à 22°C ou au-dessous. On n’observe pas non plus dans ces conditions la production de tubercules comestibles signalés dans d’autres pays (Mexique, Réunion). Le maximum de production se situe de janvier à mai.
A St Claude (Guadeloupe, 600 m d’altitude), on récolte des cristophines toute l’année. A Kenscott (Haïti, 1600 m) la production est maximum en juillet-août. On peut déduire de ces constatations un optimum thermique situé vers 25°C, sans indication nette de photopériodisme (sinon en interaction avec la température). A Nice, la production est automnale, les feuilles sèchent en fin octobre, la souche survit.
Les racines de Cristophine sont très sensibles aux
Meloidogyne (nématodes), elles se transforment en chapelets d’énormes galles. Une plantation devant durer plusieurs années, et entraînant de gros frais d’établissement de tonnelle, on n’hésitera pas à creuser profondément les lignes de plantation et à les remplir de terre si possible vierge, additionnée de 10% de compost. L’activité des nématodes stimulée par la chaleur est peut-être une des causes de l’arrêt de végétation signalé ci-dessus en plaine. La Cristophine n’est sensible ni au mildiou, ni au WMV1
(virus tropical de la mosaïque de la pastèque, attaque les cucurb). Elle peut être attaquée par l’Oïdium avec des symptômes peu apparents et par le
Mycosphaerella qui provoque de petites taches foliaires et des pourritures de fruits.
Le fruit de Cristophine a une chair assez dense et fine, qui une fois cuite donne un légume translucide et sans grand goût
(c'est du moins l'opinion de l'auteur...). On peut l’utiliser en gratin, farci dans sa peau ou pour alléger des purées d’Igname. On élimine traditionnellement l’amande, avec les fibres qui l’entourent, bien que ce soit la partie du fruit la plus riche en méthionine.
Voilà, les parenthèses en violet sont de mon fait. L'auteur précise plus loin que les jeunes pousses et jeunes feuilles sont consommables et délicieuses.
La planche extraite du bouquin :
