Une montagne de moyenne altitude aux grands espaces
La Sila est un vaste plateau montagneux culminant à 1 928 mètres, l’un des ensembles de moyenne montagne les plus élevés d’Italie méridionale. Contrairement aux reliefs abrupts des Apennins, elle se compose de larges ondulations, de plateaux ouverts et de vallées douces, ce qui donne une vraie sensation d’espace et de respiration. Ici, l’horizon s’élargit : les routes traversent de longues étendues boisées, alternant avec des clairières et des terres agricoles, dans une ambiance presque « nordique » malgré la proximité de la mer. Une grande partie de ce territoire est protégée au sein du Parco Nazionale della Sila, qui préserve ses forêts, ses lacs et ses paysages d’altitude.
Forêts anciennes et paysages jurassiens
L’un des grands trésors de la Sila réside dans ses immenses forêts, parmi les plus vastes d’Italie. Hêtres, sapins, pins laricio et châtaigniers couvrent des kilomètres entiers, formant des massifs continus où la nature semble dominer sans partage. Ces paysages rappellent fortement ceux du Jura ou des Vosges, avec une lumière diffuse, des sous-bois épais et un silence profond. Ces forêts ont longtemps constitué une ressource essentielle pour les populations locales : bois de construction, chauffage, pâturages forestiers. Aujourd’hui, elles sont aussi un espace de randonnée, d’observation et de ressourcement, au cœur d’un environnement préservé.
Terres agricoles, pâturages et pommes de terre de la Sila
La Sila n’est pas seulement une terre de forêts. De vastes zones sont consacrées à l’agriculture et à l’élevage. Les pommes de terre de la Sila, réputées dans toute la Calabre, sont l’une des grandes spécialités locales. Cultivées en altitude, elles bénéficient d’un sol riche et d’un climat favorable, qui leur confèrent une qualité reconnue. Les pâturages accueillent également l’élevage bovin et ovin, contribuant à une gastronomie montagnarde simple et robuste. Cette alternance entre forêts denses et espaces cultivés donne à la Sila un paysage équilibré, façonné par des siècles de coexistence entre l’homme et la montagne.
Lacs de la Sila et pêche à la truite
La région compte plusieurs grands lacs artificiels, intégrés harmonieusement dans le paysage. Ces étendues d’eau apportent fraîcheur et lumière, et constituent des lieux privilégiés pour la détente et les activités de plein air. La pêche à la truite y est particulièrement pratiquée, perpétuant une tradition bien ancrée dans la culture locale. Ces lacs jouent aussi un rôle essentiel dans la gestion de l’eau et de l’agriculture environnante. Ils renforcent l’impression de montagne douce et accueillante, loin de toute image austère.
Champignons et porcini, l’or des sous-bois
Autre richesse emblématique de la Sila : le porcino, équivalent italien de notre cèpe de Bordeaux. Les forêts de la Sila offrent un terrain idéal pour ces champignons très recherchés. En automne, la cueillette devient presque un rituel, attirant habitants et connaisseurs. Le porcino de la Sila est au cœur de nombreuses recettes locales, simples et savoureuses, où il est mis à l’honneur sans artifices. Il symbolise ce lien intime entre la forêt et la table, caractéristique de la montagne calabraise.
Camigliatello et Lungobucco, villages de la Sila
En hiver, la Sila révèle un visage encore plus inattendu. À Camigliatello Silano, quelques remontées mécaniques permettent de pratiquer le ski. Rien de comparable aux Alpes, bien sûr, mais l’expérience reste singulière : skier à près de 2 000 mètres d’altitude, à moins d’une heure des plages calabraises. Parmi les villages emblématiques de la Sila, Lungro et surtout Longobucco (Lungobucco) se distinguent par leur caractère montagnard affirmé. Longobucco, avec ses ruelles, ses traditions et son isolement relatif, incarne l’âme profonde de la Sila : une Calabre intérieure, rude parfois, mais d’une authenticité saisissante.