Marina di Santa Caterina dello Ionio
Le village de Santa Caterina dello Ionio Marina s’étire le long de la côte ionienne de la Calabre, à une trentaine de kilomètres au sud de Catanzaro. Ici, pas de béton tapageur ni de tourisme pressé : la station balnéaire reste discrète, presque secrète, fidèle à une Italie maritime restée authentique.
La mer Ionienne y est d’une limpidité remarquable, aux reflets bleu profond, parfois turquoise selon la lumière. La plage, large et baignée de soleil, semble ne jamais se remplir ; chacun y trouve naturellement sa place, sans bruit ni agitation. En plein été, on ne se bouscule pas : en cherchant un peu, on repère sans peine son parasol posé face à l’horizon.
Le temps paraît ralentir à Santa Caterina Marina. Les journées s’écoulent entre baignades tranquilles, promenades le long du rivage et soirées douces, rythmées par le ressac et l’air tiède venu de la mer. Un lieu simple, lumineux, où l’on vient surtout pour respirer, regarder, et savourer une Méditerranée intacte.
Santa Caterina dello Ionio Superiore
Le village de Santa Caterina dello Ionio Superiore est perché sur les collines, à une dizaine de kilomètres de la marina, dominant la côte ionienne comme un poste d’observation immobile. On y accède par une route sinueuse qui s’élève progressivement, laissant derrière elle la mer pour entrer dans une Calabre plus intérieure, plus minérale.
Il s’agit d’un vieux village, semblable à beaucoup d’autres dans la région : ruelles étroites, maisons de pierre serrées les unes contre les autres, escaliers abrupts et placettes discrètes où le temps semble s’être arrêté. En 1983, un terrible incendie a ravagé une partie du bourg, laissant des traces encore visibles aujourd’hui. Malgré cette épreuve, le village n’a jamais été totalement abandonné, et des habitants continuent d’y vivre, maintenant un lien fragile mais tenace avec le passé.
Certaines constructions de Santa Caterina dello Ionio Superiore témoignent d’une histoire plus prospère, avec des façades anciennes, des éléments architecturaux travaillés et des volumes qui évoquent un riche héritage local. Même marquées par le temps ou les blessures, ces pierres racontent encore la vie d’un village qui refuse de disparaître.
Pietragrande
Pietragrande est l’une des rares portions rocheuses de la côte ionienne de la Calabre, contrastant fortement avec les longues plages de sable qui dominent le littoral alentour. Les rochers plongent directement dans la mer, sculptés par le vent et le sel, donnant au site une identité très reconnaissable et presque spectaculaire.
En plein été, et particulièrement au mois d’août, Pietragrande devient une station touristique très fréquentée, prisée avant tout par les Italiens. L’ambiance y est alors animée, vivante, rythmée par les allers-retours des baigneurs et les voix qui résonnent entre les falaises et la mer. Le lieu conserve cependant une atmosphère méditerranéenne authentique, loin des grands complexes balnéaires standardisés.
L’eau y est remarquablement transparente, laissant apparaître les fonds rocheux dès les premiers mètres, et atteint en été une température particulièrement agréable. Cette clarté et cette chaleur font de Pietragrande un spot apprécié pour la baignade, le snorkeling et les longues heures passées à flotter face à l’horizon ionien.
Stilo
Stilo est un village perché sur les collines, dominant la mer Ionienne que l’on devine au loin, entre les reliefs et la lumière. Loin du littoral animé, le bourg offre une atmosphère paisible et presque intemporelle, où la pierre et le silence occupent une place centrale.
Ce qui attire principalement les visiteurs à Stilo, c’est la Cattolica, une petite église byzantine remarquablement bien conservée. Avec ses volumes simples, ses briques chaudes et son allure presque intacte malgré les siècles, elle constitue un témoignage rare et précieux de l’architecture byzantine en Calabre. Quelques touristes s’y arrêtent, souvent par curiosité ou par passion pour l’histoire, sans jamais troubler l’équilibre du lieu.
Les vieilles ruelles de Stilo, étroites et sinueuses, sont particulièrement agréables à parcourir. Elles offrent des perspectives pittoresques, des escaliers abrupts, des façades patinées par le temps et des coins d’ombre bienvenus. En flânant dans le village, on ressent une impression de calme et de retenue, comme si Stilo se livrait doucement, sans jamais chercher à se montrer.
Serra San Bruno
Serra San Bruno est la ville la plus importante des "Serre" calabraises, le massif montagneux qui forme l’épine dorsale verte de cette partie de la Calabre. Située en altitude, elle contraste fortement avec la côte ionienne pourtant toute proche, offrant un paysage plus frais, boisé et vallonné.
La ville est connue pour son centre artisanal, original et particulièrement vivant, où savoir-faire locaux et créations contemporaines cohabitent. On y découvre des ateliers, des boutiques et une activité quotidienne qui donne à Serra San Bruno une identité dynamique, bien ancrée dans la vie régionale.
Serra San Bruno est également marquée par la présence de la Chartreuse, fondée par saint Bruno au XIᵉ siècle. Ce lieu spirituel majeur, entouré de forêts profondes, confère à la ville une atmosphère de recueillement et de sérénité, renforcée par la nature omniprésente. La région des "Serre" évoque parfois la Suisse par ses paysages verdoyants et ses reliefs doux, une impression saisissante lorsque l’on songe que la mer Ionienne se trouve à seulement quelques kilomètres.
La Sila
La Sila est une vaste zone montagneuse située au nord de la Calabre, formant un haut plateau couvert de forêts, de prairies et de lacs. Les paysages y sont étonnants et rompent totalement avec l’image méditerranéenne que l’on associe habituellement au sud de l’Italie, évoquant immanquablement les pâturages vosgiens.
Ici, les activités rurales rythment encore la vie quotidienne. On y cultive notamment la pomme de terre, réputée pour sa qualité, on ramasse des cèpes dans les sous-bois à l’automne, et l’on pêche des truites dans des eaux fraîches et limpides. Des scènes presque alpines, et pourtant bien ancrées au cœur de la Calabre.
À quelques heures de la mer, La Sila offre un visage inattendu de l’Italie du Sud, plus frais, plus vert, plus silencieux. Un territoire préservé, longtemps à l’écart des grands flux touristiques, qui mérite d’être découvert comme un véritable trésor caché.
Aspromonte
L’Aspromonte, dont le nom signifie littéralement « montagne âpre », forme le massif de l’extrême sud de la Calabre. Sauvage, escarpée et longtemps difficile d’accès, cette montagne marque une frontière naturelle entre l’intérieur des terres et la mer. Depuis ses sommets, le regard porte loin : on distingue clairement la Sicile et le détroit de Messine, avec la Méditerranée étendue à perte de vue.
En hiver, l’Aspromonte réserve une image presque irréelle : on y pratique le ski tout en apercevant la mer au loin. Ce contraste saisissant entre neige, roche et horizon marin résume à lui seul l’étrangeté géographique de la Calabre, où les oppositions cohabitent sans transition.
L’Aspromonte est aussi un territoire profondément marqué par l’histoire. Dans certains villages anciens, véritables centres de peuplement très anciens d’origine grecque, on parle encore un dialecte dérivé du grec ancien. Ces communautés, isolées pendant des siècles, ont conservé une langue, des traditions et une identité uniques, faisant de l’Aspromonte non seulement une montagne spectaculaire, mais aussi un conservatoire vivant de cultures millénaires.
Au-delà des Oliviers
Découvrez ce livre qui raconte l’histoire d’une famille calabraise et de son émigration en France, un destin partagé par de nombreux habitants de cette région du sud de l’Italie. Longtemps marquée par la pauvreté et une économie essentiellement agricole, la Calabre a vu partir une partie de sa population à la recherche de travail, vers le nord de l’Italie, les Amériques ou la France.
À travers ce roman, Teresa Leonetti-Berardi retrace l’histoire de sa famille, émigrée en Lorraine dans les années 60, tout en évoquant son attachement profond à sa terre d’origine. Le récit mêle mémoire familiale, exil, adaptation à une nouvelle vie et liens qui persistent malgré la distance.
Teresa Leonetti-Berardi connaît très tôt une véritable passion pour la littérature. Elle écrit des histoires pour enfants et prépare également un recueil de nouvelles. Publié aux éditions Amalthée, Au-delà des Oliviers s’inscrit dans cette démarche de transmission, en donnant une voix sensible à l’histoire de l’émigration calabraise.
Un voyage gourmand au cœur de la Calabre
La cuisine calabraise est une cuisine de caractère, profondément méditerranéenne, marquée par l’amour du piccante. Ici, le piment n’est pas un simple assaisonnement mais une véritable signature culturelle, présente dans une grande partie des spécialités locales.
Parmi les incontournables, la Soppressata, charcuterie emblématique, et la célèbre N’duja, pâte de porc et de piment à tartiner ou à cuisiner, incarnent parfaitement cette identité forte et généreuse. La mer toute proche apporte poissons et fruits de mer, cuisinés simplement avec huile d’olive, ail et herbes, tandis que la pizza locale adopte elle aussi des garnitures relevées, comme la pizza con soppressata.
Dans les zones de montagne, la cuisine devient plus rustique et paysanne : plats mijotés, brochettes, pâtes maison comme les fileja ou les cavatelli, et nombreuses conserves familiales à base de piments, tomates ou oignons de Tropea. Les fromages artisanaux, tels que le Caciocavallo Silano ou le Pecorino, accompagnent ces plats avec le célèbre vin Ciro, rouge puissant et typé.
Des douceurs traditionnelles aux recettes populaires comme le Morzeddhu, la gastronomie calabraise raconte une terre rude et généreuse, où chaque plat est le reflet d’un savoir-faire ancien, transmis et célébré lors de nombreuses fêtes gastronomiques de village.